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BENARES
Pas
vraiment la même ambiance que cet hiver. Température
normale et quelques pluies de mousson, mais assez rares. Par contre
le nord et Delhi recevaient plus d'eau, ce qui expliqua la montée
du Gange ici.
Plus de ghats, plus possible de se promener le long du Gange, plus
d'escaliers, ... bref, que de l'eau ! Le Gange, déjà
large et profond, s'étendant vers la rive opposée
de la ville, avait pris son aise et recouvrait tout. A se demander
comment il ne débordait pas sur la plaine d'en face, qui
doit être plus surélevée qu'il ne semble. Le
journal indiquait que le fleuve n'était pas monté
aussi haut depuis 24 ans et qu'il dépassait les 6m. Regardez
une maison et calculez 6 mètres, ça fait beaucoup
d'eau en plus ! Le plus impressionnant était de voir les
palais de maharajas que je connaissaient surplombant le Gange, étaient
devenus totalement des forteresses émergeant des eaux tumultueuses.
Des temples entiers n'apparaissaient plus que par le haut de leur
tour ou parfois pas du tout. Le temple untel ? Il est là,
sous l'eau ! Et celui-ci ? C'est le petit clocher qui dépasse,
là ! Certains soirs, alors que d'habitude c'est l'heure de
la "puja du soir" (prière) avec le spectacle sur
le Main Ghat, tout était supprimé faute de place,
l'eau arrivait au ras des escaliers.
J'ai fait une petite promenade en barque comme il se doit à
Bénares, au levé du soleil. Grosses difficultés
parfois pour le rameur pour aller à contre courant. Les remous
causés par des recoins de palais nous faisaient rester sur
place. Je logeais au début au Vishnu Rest House sur le Pandey
Ghat à 80 Rs la nuit. Au retour de Khajuraho je changeais
pour le Kumiko à l'ambiance japonaise. Mon ancienne chambre
du Vishnu était inondée, ce qui donne une idée
pour ceux qui connaissent, de la hauteur de l'eau.
Après quelques jours de pause au retour de Khajuraho, je
rencontrais un rickshaw qui me proposait quelqu'un pour des cours
d'hindi. Une école, citée dans le Lonely Planet, demande
200 Rs par heure. Cher pour une initiation qui est toujours longue
au début. Il m conduisait donc dans les quartiers prèsde
la gare, où on fabrique la soie. C'est d'ailleurs dans une
boutique qu'il me conduit. Le commercial de la boîte parle
un peu français. Le patron est d'accord pour m'apprendre
pendant une semaine. Je venais donc tous les jours vers 10h et en
repartait le soir vers 19h. J'assistais donc, tout au long de la
journée au passage de touriste amenés par les rickshaws,
"juste pour voir" ! En fait la plus part repartaient avec
des foulards, des couvre-lits et autres produits en soie de Bénares.
L'industrie est principalement tenue par les musulmans dans cette
ville ultra-religieuse hindoue. A ce propos, je suis allé
voir le fameux Golden Temple dans la vieille ville. Pas difficile
à trouver, suivez les groupes de militaires. Tout le quartier
est bouclé par 400 militaires qui surveillent à chaque
coin de ruelles, parfois en groupes. A l'approche du temple, il
y a quasiment autant de soldats que de touristes : vous y êtes
! Je demandais le temple et on me répondit : "juste
derrière vous !" Pas d'entrée particulière,
rien à voir, sinon une porte gardée par des soldats
et des casiers pour laisser vos sacs. En bon toursite j'allais voir,
conduit par un inévitable guide brahmane. Je m'attendait
à un vulgaire temple comme il y en a des centaines dans le
quartier. Bien qu'on ne puisse pas entrer dans le temple hindou
(ce qui est rare), c'est plus l'ambiance qui y règne qui
vaut la visite. A part que le temple possède un clocher ou
tour recouverte d'or offert par un maharajas, le site mérite
d'être vu par le fait que dans l'enceinte même du lieu
sacré ... il y a une mosquée ! Et là, rien
ne va plus, surtout à Bénares. Une pallisade en tôles
ondulé sépare l'aire de la mosquée et celle
du Golden Temple. A l'entrée on vous demande déjà
si vous êtes musulman. Si c'est le cas, pas la peine d'essayer.
Le vendredi, les musulmans ont la possibilités d'accéder
à la mosquée. Le temple hindou lui-même est
en marbre blanc, en tout cas c'est ce qu'on entrevoit en passant
devant la porte. Pas de photos possible, dommage car la porte en
métal (argent, cuivre ?) était pas mal du tout. N'ayant
plus fait beaucoup de photos à Calcutta, je me rattrapais
ici (857) et à Khajuraho (857. J'ai pas fait exprès
de faire le même nombre de photos ! Soit 1714 pour les comptes).
Et ne pas pouvoir en faire là me frustrait quelque peu.
Pour terminer avec Bénares, certains me poseront la question
: mais où faisaient-ils les crémations ? En effet
elles se font d'habitude sur le ghat du Manikarnika Ghat. Considérablement
réduit en place, l'espace de crémation se passait
sur une terrasse élevée. Pour le ghat secondaire,
c'est un bâtiment de crémation semblable aux notres
chez nous qui faisait l'office. Ca gâchait presque l'ambiance
que de voir ce bâtiment fermé et la cheminée
fumante, on n'était plus tout à fait à Bénares.
Certains auront remarqué que je change de noms pour citer
la ville. Bénares porte 3 noms. Le dernier en titre est VARANASI,
une ancienne appellation qui a été reprise et qui
veut dire la ville entre deux rivières : la Varuna et l'Assi
(le dernier ghat s'appelle l'Assi Ghat). J'ai appris d'ailleurs
qu'en hindi ça ne se prononce pas exactement comme cela,
mais faute de ne pas avoir de telles sonorité en anglais,
on simplifie par Varanasi. Ce serait du genre Waransi. Plus connue
sous le nom de Bénares, c'est en fait BANARAS et certains
indiens l'emploie facilement. Enfin la plus ancienne appellation
est KASHI (prononcer Kasi), du nom du peuple d'Aryens venus du nord
qui s'était installé là vers 1000 ou 1400 av.
JC. C'est donc une des plus vieilles villes du monde, bien qu'il
n'en reste rien de visible puisqu'elle fut rasée par les
Afghans en 1300 avec Sarnath, haut lieu du bouddhisme où
Bouddha donna son premier enseignement de la voie du milieu. Une
petite ville à l'entrée de Bénares porte le
nom de Kashi et c'est parfois une des gares d'arrêt du train.
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les ghats inondés

tour d'un temple sous l'eau

la foule des pélerins venant se baigner

Devant la porte d'un palais englouti par l'eau

rituel qui consiste à faire couler l'eau du Gange

prière d'une grand-mère veuve (sari blanc) sûrement
pour les membres de sa famille (fleurs blanches devant elle)
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KHAJURAHO
Mais
c'est où et c'est quoi ?
Vers
le sud-ouest de Bénares, vers le centre nord de l'Inde, se
trouve un petit village insignifiant, au milieu de la campagne indienne
vallonée. Des forêts où vivent encore des tigres
dans des réserves naturelles, de gros rochers érodés,
des rivières coulant au milieu des arbres et sur des roches
polies, des cascades, une plaine. Dans cette région que rien
ne préparait à devenir capitale d'un empire (dynastie
des Chandela), pas même il y a 1000 ans, loin de tout et sans
caractère spécial, c'est là qu'une ville se
construisit et une multitude de temples d'une beauté à
couper le souffle. Son éloignement lui permi d'être
sauvé des attaques et destructions musulmanes. Des sculptures
qui résument toute l'Inde, des postures d'une modernité
parfois étonnante, une finesse dans la taille, et enfin des
sujets parfois quelques peu érotiques - ce qui rendit célèbre
ce coin perdu ! - qui transcendent les sujets religieux. Aujourd'hui,
cette petite bourgade possède son aéroport et devient
par ce fait la première ville d'Inde à en posséder
un comparé à son importance. Il faut dire que Khajuraho
est loin de tout, même aujourd'hui. Après une 10ène
d'heures de train depuis Bénares, il a fallu prendre un moyen
de transport de la gare de Satna. Bus, voiture ? Nous avons craqué
pour une voiture particulière et payé 200 Rs chacun
pour faire 3 heures de trajet. Accompagné d'Aurore et de
son copain Augustin, nous avons récupéré aussi
un mexicain aux traits typiquement mayas qui nous permi de remplir
le véhicule. Il y avait la possibilité avec d'autres
4x4, mais à condition de les remplir encore avec "des
indiens", ce qui signifit en langage local en rajouter 5 ou
6 de plus dans une voiture de 5 places ! Le bus ? C'est sur, c'est
moins cher, - je l'ai pris d'ailleurs pour revenir - mais il faut
5 heures. Faut choisir !
Logé dans un petit hôtel sympa, calme, avec un resto
sur place, cher mais bien pratique. Un jour, une descente de policiers
arrive dans le patio de l'hôtel. Grandes discussions, une
bonne heure ou deux à tourner, manger même, ils finirent
par trouver le serrurier qui ouvrit la porte d'une des chambres
du rez de chaussée. Visite, étonnements, ils entrent
dans la salle de bain et constatent. Moi, j'étais à
l'étage, observant le spectacle. Y avait-il un cadavre, le
butin de la banque dévalisée, ... ? Il faut s'attendre
à tout ici ! En fait, après échos, c'était
une touriste qui aurait accouchée dans sa chambre et avait
ensuite disparue, sans doute sans payer. Je vous dis qu'en Inde
on s'embette pas !!!
Je suis resté une semaine à Khajuraho, visitant les
temples, me défoulant sur les photos (857 comme je l'ai déjà
dit). Un jour, balade à vélo (ça faisait quelques
années que je n'en avais plus fait !) pour aller voir des
temples assez loin. Visite d'une école, invité par
un gamin du village. Il paraît que je me suis fait avoir en
laissant 100 Rs ! Le maître d'école m'expliquait qu'il
était bénévole et que les enfants (150) faisaient
partis d'une caste inférieure et très pauvre. Démonstration
de postures de yoga que les enfants font 1/2h tous les matins avant
de commencer les cours. Ca donne de l'énergie pour se concentrer
paraît-il. Tout comme dans le temple de Kalighat à
Calcutta, le directeur me montre le cahier où les touristes
ont mis leurs louanges ... et la somme qu'ils ont laissée.
C'est toujours des 1000, 3000, 5000 Rs. (500 Rs équivaut
à 10 €uros.) Il paraîtrait que c'est le rabateur
et le directeur qui se partagent la somme. On peut pas toujours
se méfier de tout, surtout ici.
Plusieurs zones de groupes de temples sont réparties dans
le village et le vieux village. L'un d'eux est un peu isolé
vers la rivière, un autre beaucoup plus ancien est encore
plus loin (d'où le vélo) et daterait au maximum de
l'an 900. C'est en fait plus une sorte de terrasse en haut d'une
muraille de grosses pierres, entourée de niches dans lesquelles
se trouvaient des statues. La niche centrale contenait la déesse
principale. C'est donc plutôt une école de yogi, une
aire d'enseignement religieux. Tous les autres temples sont de la
période comprise entre 950 et 1050. Dédiés
à Vishnou ou à Shiva pour la plus part. On trouve
un groupe de temple Jaïns à l'est sur le même
modèle mais avec les représentations en plus des "bouddhas
jaïns" et des "hommes nus debout" (voir photo).
Un des temples contient la statue d'un nain, dieu trésorier
des dieux. Un autre dédié à Nandi, la vache
sacré et monture de Shiva, est fait de deux temples : l'un
est plutôt un abri sur une sculpture géante de la vache
regardant vers l'autre temple principal en face. Plus loin, une
sculpture colossale d'un sanglier recouvert de petites statuettes
du dieu sculptées.
Les temples sont tous sur le même modèle : des marches
montent vers une terrasse qui fait le tour du temple, d'autres marches
(c'est là qu'on se déchausse !) montent vers le sanctuaire
divisé en deux : une sorte d'entrée couverte, puis
l'intérieur où se trouve au fond la statue du dieu
dans une chambre. Un déambulatoire permet de faire le tour
de la chambre principale. Trés sombre à l'intérieur,
éclairé par quelques petites fenètres qui laissent
apparaître de sublimes sculptures de femmes célestes
qui vivent dans la sphère divine (apsaras). Des chauves souris
ont élues domiciles aussi, et quelques grands singes se baladent
à l'extérieur. Parler des chauves-souris me permet
de citer ce que je ne connaissais que dans Indiana Jones et le Temple
Maudit. On voit dans le film des nuées de chauves-souris
géantes sortant d'un temple dédié à
Kali. En rentrant un soir, je lève les yeux vers les grands
arbres du bord de la route et voit des corbeaux qui rentrent dans
leur nid. Puis je vois mélangés à eux, des
grosses bêtes, aussi grosses que les corbeaux, voler tout
autour des arbres et poussant des cris stridents. Vous regarderez
un gros corbeau et vous imaginerez la même chose mais en chauve-souris.
Ca fait une grosse bête qui vole et vous met dans l'ambiance
des films d'horreurs de l'Asie.
Quelques mots tout de même sur les sculptures de Khajuraho.
En général disposées tout autour du temple,
sous la tour principale, sur 4 ou 5 rangées, avec en gros
les mêmes thèmes. Figuration de Shiva et de sa femme
Parvati, mais aussi de guerriers et surtout de ces "apsaras",
nymphes célestes qui dansent ou se contorsionnent voluptueusement.
Des frises sur le socle du temple racontent des épisodes
guerriers, batailles d'éléphants et de chevaux, guerriers
en marche, et quelques scènes érotiques. Il est regrettable
que l'office du tourisme local et que la plus part des touristes
ne viennent à Khajuraho que pour les 5 ou 6 postures érotiques
que l'on peut voir sur les temples, au milieu de centaines de sculptures
bien plus belles et plus expressives. Il en résulte que beaucoup
de voyageurs ayant payé leur avion depuis Dehli ou passé
quelques heures de trains, sont déçus par le site.
"Tout est pareil ! Quand tu as vu deux ou trois temples, tu
les a tous vus !" disent la majorité des gens. Il y
a tout de même 22 temples et deux petits musées ! Dans
le parc principal où se trouve 10 temples, j'y ai passé
6 heures, d'où la nessescité de me laisser visiter
seul, sinon on perd patience avec moi ! Donc, la semaine ne fut
pas trop courte, même si le repos fut bien profitable. Quelques
jours de pluie ont un peu gâché certaines visites,
avec le parapluie d'une main et l'appareil photo de l'autre.
Je vous ai fait un petit échantillonnage de sculptures pour
vous donner une idée, mais pour les accros de la sculpture,
je vous montrerai les 857 photos en grand en privé.
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danseurs et musiciens |

Trois temples du parc principal |
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Le dieu Vishnou et une apsara se ragardant dans un miroir

Apsaras dansant et une s'enlevant une épine du pied (?)

scène de bataille à dos d'héléphants
et à cheval

Une nymphe de style inhabituel

Les amours du couple divin

le dieu tient dans sa main une fleur de lotus

Une des plus belles sculptures à mon goût. L'essentiel
est entier !

une des frises d'un temple

sculptures jaïns
Non,
je n'ai pas mis de sculptures érotiques, ne les cherchaient
pas !
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