Voyage à BENARES (VARANASI) & KHAJURAHO
Second long séjour à Bénares. Passage d'un jour puis expédition à Khajuraho. Retour à Bénares pour des cours d'hindi.

Les ghats de Bénarès cet hiver


la même tour émergant de l'eau cet été

Description : Pause bien méritée après 2 mois et demi à Calcutta à la gare. Voyage à Khajuraho avec Aurore que j'avais déjà rencontrée il y a deux ans, et son copain . Retour à Varanasi où je trouvais des cours d'hindi gratuit chez un musulman vendeur de soie.


lever de soleil sur le Gange

Les temples de Khajuraho

texte en gris déjà cité dans le journal commun, si vous l'avez lu, passez directement au texte en noir.

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BENARES et KHAJURAHO

Voyage de 20 jours vers le centre. Bénarès sous l'eau et la splendeur des plus célebres sculptures indiennes à Khajuraho.

BENARES

Pas vraiment la même ambiance que cet hiver. Température normale et quelques pluies de mousson, mais assez rares. Par contre le nord et Delhi recevaient plus d'eau, ce qui expliqua la montée du Gange ici.
Plus de ghats, plus possible de se promener le long du Gange, plus d'escaliers, ... bref, que de l'eau ! Le Gange, déjà large et profond, s'étendant vers la rive opposée de la ville, avait pris son aise et recouvrait tout. A se demander comment il ne débordait pas sur la plaine d'en face, qui doit être plus surélevée qu'il ne semble. Le journal indiquait que le fleuve n'était pas monté aussi haut depuis 24 ans et qu'il dépassait les 6m. Regardez une maison et calculez 6 mètres, ça fait beaucoup d'eau en plus ! Le plus impressionnant était de voir les palais de maharajas que je connaissaient surplombant le Gange, étaient devenus totalement des forteresses émergeant des eaux tumultueuses. Des temples entiers n'apparaissaient plus que par le haut de leur tour ou parfois pas du tout. Le temple untel ? Il est là, sous l'eau ! Et celui-ci ? C'est le petit clocher qui dépasse, là ! Certains soirs, alors que d'habitude c'est l'heure de la "puja du soir" (prière) avec le spectacle sur le Main Ghat, tout était supprimé faute de place, l'eau arrivait au ras des escaliers.

J'ai fait une petite promenade en barque comme il se doit à Bénares, au levé du soleil. Grosses difficultés parfois pour le rameur pour aller à contre courant. Les remous causés par des recoins de palais nous faisaient rester sur place. Je logeais au début au Vishnu Rest House sur le Pandey Ghat à 80 Rs la nuit. Au retour de Khajuraho je changeais pour le Kumiko à l'ambiance japonaise. Mon ancienne chambre du Vishnu était inondée, ce qui donne une idée pour ceux qui connaissent, de la hauteur de l'eau.
Après quelques jours de pause au retour de Khajuraho, je rencontrais un rickshaw qui me proposait quelqu'un pour des cours d'hindi. Une école, citée dans le Lonely Planet, demande 200 Rs par heure. Cher pour une initiation qui est toujours longue au début. Il m conduisait donc dans les quartiers prèsde la gare, où on fabrique la soie. C'est d'ailleurs dans une boutique qu'il me conduit. Le commercial de la boîte parle un peu français. Le patron est d'accord pour m'apprendre pendant une semaine. Je venais donc tous les jours vers 10h et en repartait le soir vers 19h. J'assistais donc, tout au long de la journée au passage de touriste amenés par les rickshaws, "juste pour voir" ! En fait la plus part repartaient avec des foulards, des couvre-lits et autres produits en soie de Bénares. L'industrie est principalement tenue par les musulmans dans cette ville ultra-religieuse hindoue. A ce propos, je suis allé voir le fameux Golden Temple dans la vieille ville. Pas difficile à trouver, suivez les groupes de militaires. Tout le quartier est bouclé par 400 militaires qui surveillent à chaque coin de ruelles, parfois en groupes. A l'approche du temple, il y a quasiment autant de soldats que de touristes : vous y êtes ! Je demandais le temple et on me répondit : "juste derrière vous !" Pas d'entrée particulière, rien à voir, sinon une porte gardée par des soldats et des casiers pour laisser vos sacs. En bon toursite j'allais voir, conduit par un inévitable guide brahmane. Je m'attendait à un vulgaire temple comme il y en a des centaines dans le quartier. Bien qu'on ne puisse pas entrer dans le temple hindou (ce qui est rare), c'est plus l'ambiance qui y règne qui vaut la visite. A part que le temple possède un clocher ou tour recouverte d'or offert par un maharajas, le site mérite d'être vu par le fait que dans l'enceinte même du lieu sacré ... il y a une mosquée ! Et là, rien ne va plus, surtout à Bénares. Une pallisade en tôles ondulé sépare l'aire de la mosquée et celle du Golden Temple. A l'entrée on vous demande déjà si vous êtes musulman. Si c'est le cas, pas la peine d'essayer. Le vendredi, les musulmans ont la possibilités d'accéder à la mosquée. Le temple hindou lui-même est en marbre blanc, en tout cas c'est ce qu'on entrevoit en passant devant la porte. Pas de photos possible, dommage car la porte en métal (argent, cuivre ?) était pas mal du tout. N'ayant plus fait beaucoup de photos à Calcutta, je me rattrapais ici (857) et à Khajuraho (857. J'ai pas fait exprès de faire le même nombre de photos ! Soit 1714 pour les comptes). Et ne pas pouvoir en faire là me frustrait quelque peu.
Pour terminer avec Bénares, certains me poseront la question : mais où faisaient-ils les crémations ? En effet elles se font d'habitude sur le ghat du Manikarnika Ghat. Considérablement réduit en place, l'espace de crémation se passait sur une terrasse élevée. Pour le ghat secondaire, c'est un bâtiment de crémation semblable aux notres chez nous qui faisait l'office. Ca gâchait presque l'ambiance que de voir ce bâtiment fermé et la cheminée fumante, on n'était plus tout à fait à Bénares.
Certains auront remarqué que je change de noms pour citer la ville. Bénares porte 3 noms. Le dernier en titre est VARANASI, une ancienne appellation qui a été reprise et qui veut dire la ville entre deux rivières : la Varuna et l'Assi (le dernier ghat s'appelle l'Assi Ghat). J'ai appris d'ailleurs qu'en hindi ça ne se prononce pas exactement comme cela, mais faute de ne pas avoir de telles sonorité en anglais, on simplifie par Varanasi. Ce serait du genre Waransi. Plus connue sous le nom de Bénares, c'est en fait BANARAS et certains indiens l'emploie facilement. Enfin la plus ancienne appellation est KASHI (prononcer Kasi), du nom du peuple d'Aryens venus du nord qui s'était installé là vers 1000 ou 1400 av. JC. C'est donc une des plus vieilles villes du monde, bien qu'il n'en reste rien de visible puisqu'elle fut rasée par les Afghans en 1300 avec Sarnath, haut lieu du bouddhisme où Bouddha donna son premier enseignement de la voie du milieu. Une petite ville à l'entrée de Bénares porte le nom de Kashi et c'est parfois une des gares d'arrêt du train.


les ghats inondés


tour d'un temple sous l'eau


la foule des pélerins venant se baigner


Devant la porte d'un palais englouti par l'eau


rituel qui consiste à faire couler l'eau du Gange


prière d'une grand-mère veuve (sari blanc) sûrement pour les membres de sa famille (fleurs blanches devant elle)

KHAJURAHO

Mais c'est où et c'est quoi ?
Vers le sud-ouest de Bénares, vers le centre nord de l'Inde, se trouve un petit village insignifiant, au milieu de la campagne indienne vallonée. Des forêts où vivent encore des tigres dans des réserves naturelles, de gros rochers érodés, des rivières coulant au milieu des arbres et sur des roches polies, des cascades, une plaine. Dans cette région que rien ne préparait à devenir capitale d'un empire (dynastie des Chandela), pas même il y a 1000 ans, loin de tout et sans caractère spécial, c'est là qu'une ville se construisit et une multitude de temples d'une beauté à couper le souffle. Son éloignement lui permi d'être sauvé des attaques et destructions musulmanes. Des sculptures qui résument toute l'Inde, des postures d'une modernité parfois étonnante, une finesse dans la taille, et enfin des sujets parfois quelques peu érotiques - ce qui rendit célèbre ce coin perdu ! - qui transcendent les sujets religieux. Aujourd'hui, cette petite bourgade possède son aéroport et devient par ce fait la première ville d'Inde à en posséder un comparé à son importance. Il faut dire que Khajuraho est loin de tout, même aujourd'hui. Après une 10ène d'heures de train depuis Bénares, il a fallu prendre un moyen de transport de la gare de Satna. Bus, voiture ? Nous avons craqué pour une voiture particulière et payé 200 Rs chacun pour faire 3 heures de trajet. Accompagné d'Aurore et de son copain Augustin, nous avons récupéré aussi un mexicain aux traits typiquement mayas qui nous permi de remplir le véhicule. Il y avait la possibilité avec d'autres 4x4, mais à condition de les remplir encore avec "des indiens", ce qui signifit en langage local en rajouter 5 ou 6 de plus dans une voiture de 5 places ! Le bus ? C'est sur, c'est moins cher, - je l'ai pris d'ailleurs pour revenir - mais il faut 5 heures. Faut choisir !
Logé dans un petit hôtel sympa, calme, avec un resto sur place, cher mais bien pratique. Un jour, une descente de policiers arrive dans le patio de l'hôtel. Grandes discussions, une bonne heure ou deux à tourner, manger même, ils finirent par trouver le serrurier qui ouvrit la porte d'une des chambres du rez de chaussée. Visite, étonnements, ils entrent dans la salle de bain et constatent. Moi, j'étais à l'étage, observant le spectacle. Y avait-il un cadavre, le butin de la banque dévalisée, ... ? Il faut s'attendre à tout ici ! En fait, après échos, c'était une touriste qui aurait accouchée dans sa chambre et avait ensuite disparue, sans doute sans payer. Je vous dis qu'en Inde on s'embette pas !!!
Je suis resté une semaine à Khajuraho, visitant les temples, me défoulant sur les photos (857 comme je l'ai déjà dit). Un jour, balade à vélo (ça faisait quelques années que je n'en avais plus fait !) pour aller voir des temples assez loin. Visite d'une école, invité par un gamin du village. Il paraît que je me suis fait avoir en laissant 100 Rs ! Le maître d'école m'expliquait qu'il était bénévole et que les enfants (150) faisaient partis d'une caste inférieure et très pauvre. Démonstration de postures de yoga que les enfants font 1/2h tous les matins avant de commencer les cours. Ca donne de l'énergie pour se concentrer paraît-il. Tout comme dans le temple de Kalighat à Calcutta, le directeur me montre le cahier où les touristes ont mis leurs louanges ... et la somme qu'ils ont laissée. C'est toujours des 1000, 3000, 5000 Rs. (500 Rs équivaut à 10 €uros.) Il paraîtrait que c'est le rabateur et le directeur qui se partagent la somme. On peut pas toujours se méfier de tout, surtout ici.
Plusieurs zones de groupes de temples sont réparties dans le village et le vieux village. L'un d'eux est un peu isolé vers la rivière, un autre beaucoup plus ancien est encore plus loin (d'où le vélo) et daterait au maximum de l'an 900. C'est en fait plus une sorte de terrasse en haut d'une muraille de grosses pierres, entourée de niches dans lesquelles se trouvaient des statues. La niche centrale contenait la déesse principale. C'est donc plutôt une école de yogi, une aire d'enseignement religieux. Tous les autres temples sont de la période comprise entre 950 et 1050. Dédiés à Vishnou ou à Shiva pour la plus part. On trouve un groupe de temple Jaïns à l'est sur le même modèle mais avec les représentations en plus des "bouddhas jaïns" et des "hommes nus debout" (voir photo). Un des temples contient la statue d'un nain, dieu trésorier des dieux. Un autre dédié à Nandi, la vache sacré et monture de Shiva, est fait de deux temples : l'un est plutôt un abri sur une sculpture géante de la vache regardant vers l'autre temple principal en face. Plus loin, une sculpture colossale d'un sanglier recouvert de petites statuettes du dieu sculptées.
Les temples sont tous sur le même modèle : des marches montent vers une terrasse qui fait le tour du temple, d'autres marches (c'est là qu'on se déchausse !) montent vers le sanctuaire divisé en deux : une sorte d'entrée couverte, puis l'intérieur où se trouve au fond la statue du dieu dans une chambre. Un déambulatoire permet de faire le tour de la chambre principale. Trés sombre à l'intérieur, éclairé par quelques petites fenètres qui laissent apparaître de sublimes sculptures de femmes célestes qui vivent dans la sphère divine (apsaras). Des chauves souris ont élues domiciles aussi, et quelques grands singes se baladent à l'extérieur. Parler des chauves-souris me permet de citer ce que je ne connaissais que dans Indiana Jones et le Temple Maudit. On voit dans le film des nuées de chauves-souris géantes sortant d'un temple dédié à Kali. En rentrant un soir, je lève les yeux vers les grands arbres du bord de la route et voit des corbeaux qui rentrent dans leur nid. Puis je vois mélangés à eux, des grosses bêtes, aussi grosses que les corbeaux, voler tout autour des arbres et poussant des cris stridents. Vous regarderez un gros corbeau et vous imaginerez la même chose mais en chauve-souris. Ca fait une grosse bête qui vole et vous met dans l'ambiance des films d'horreurs de l'Asie.
Quelques mots tout de même sur les sculptures de Khajuraho. En général disposées tout autour du temple, sous la tour principale, sur 4 ou 5 rangées, avec en gros les mêmes thèmes. Figuration de Shiva et de sa femme Parvati, mais aussi de guerriers et surtout de ces "apsaras", nymphes célestes qui dansent ou se contorsionnent voluptueusement. Des frises sur le socle du temple racontent des épisodes guerriers, batailles d'éléphants et de chevaux, guerriers en marche, et quelques scènes érotiques. Il est regrettable que l'office du tourisme local et que la plus part des touristes ne viennent à Khajuraho que pour les 5 ou 6 postures érotiques que l'on peut voir sur les temples, au milieu de centaines de sculptures bien plus belles et plus expressives. Il en résulte que beaucoup de voyageurs ayant payé leur avion depuis Dehli ou passé quelques heures de trains, sont déçus par le site. "Tout est pareil ! Quand tu as vu deux ou trois temples, tu les a tous vus !" disent la majorité des gens. Il y a tout de même 22 temples et deux petits musées ! Dans le parc principal où se trouve 10 temples, j'y ai passé 6 heures, d'où la nessescité de me laisser visiter seul, sinon on perd patience avec moi ! Donc, la semaine ne fut pas trop courte, même si le repos fut bien profitable. Quelques jours de pluie ont un peu gâché certaines visites, avec le parapluie d'une main et l'appareil photo de l'autre.
Je vous ai fait un petit échantillonnage de sculptures pour vous donner une idée, mais pour les accros de la sculpture, je vous montrerai les 857 photos en grand en privé.

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danseurs et musiciens

Trois temples du parc principal


Le dieu Vishnou et une apsara se ragardant dans un miroir


Apsaras dansant et une s'enlevant une épine du pied (?)


scène de bataille à dos d'héléphants et à cheval


Une nymphe de style inhabituel


Les amours du couple divin


le dieu tient dans sa main une fleur de lotus


Une des plus belles sculptures à mon goût. L'essentiel est entier !


une des frises d'un temple


sculptures jaïns

Non, je n'ai pas mis de sculptures érotiques, ne les cherchaient pas !