OTAGE DANS LE BIHAR - 14 au 22 avril 2005
Récit d'un séjour mémorable dans une famille indienne

paysage du Bihar, pays de Bouddha

Description : Partis pour visiter et passer 4 jours dans un petit village de mes amis indiens, je fus contraint d'être enfermé dans une chambre pour éviter le pire. Récit d'une aventure seul au milieu de l'Inde des indiens ! Grande histoire d'un voyage à rebondissements. Vous saurez tout, au risque d'être long !

Précision : après quelques remarques de lecteurs, je précise que le mot "otage" est de l'humour et en rien je ne fus enfermé par des terroristes. Rassurez-vous, ce ne fut qu'un séjour mouvementé, où la "sur-protection" de mes amis indiens ressemblait à une véritable prise d'otage ... amicale !

texte en gris déjà cité dans le journal commun, si vous l'avez lu, passez directement au texte en noir.
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OTAGE DANS LE BIHAR
En avril, je partais pour 4 jours dans la famille d'Anil et Vijay, dans leur village du Bihar. Je ne pensais pas être obligé d'y rester 8 jours, cloîtré dans ma chambre pendant 3 jours, interdit de sortir !!! Récit d'une aventure à l'indienne ...

      Le voyage fut prévu un peu au dernier moment et c'est avec Anil que je suis parti dans leur village. Je l'ai suivit pas à pas, avec mon anglais aussi primitif, lui faisant confiance. Et déjà, lorsque nous sommes montés dans le train, les bancs en bois pour 12 heures de train de nuit, me donnèrent un aperçu du mode de vie réel des indiens. On m'avait parlé du "village" ! Je m'attendais à un village qui ressemblerait à une petite ville. En fait je me trompais beaucoup, car Baghwanpur (Baghwan : dieu, pur : lieu, ville) est un vrai petit village en bordure de voie ferrée, à quelques kilomètres de la ville d'Ajipur (prononcer comme eux : Azipur !)au nord de Patna, sur la route de Bénarès (Varanasi). Baghwanpur est allongé, un peu comme les villages de chez nous qui longeaient les routes et qui servaient de relais. Après le bus de la Gare jusqu'à un bord de route, nous avons pris un autorickshaw jusqu'au quai de la gare de Baghwanpur. De là, nous avons traversé le village à pied, nous arrêtant 50 fois pour saluer des amis d'Anil. Traversons la campagne, les champs de riz qui n'étaient pas encore semés, environnés de palmiers. Un vrai petit paradis ! Enfin nous sommes arrivés dans ce qui semblait un autre village, mais qui en fait était un "quartier" de Baghwanpur, nommé Karhari. Ici, il n'y a pas beaucoup d'inscriptions en anglais, c'est l'hindi, langue locale, qui prédomine. Donc, aucune chance de se repérer sans aide indienne. Karhari est presque dans la campagne, ce sont des maisons agricoles qui longent des routes-chemins. Nous arrivons à la maison familiale.

Grande maison, par rapport aux autres. Chaque famille se partage des pièces, une salle commune à l'étage et une terrasse derrière, rassemble tout le monde à divers moments de la journée. Belles-filles et enfants, grands-mères, sont les locataires à l'année, les hommes travaillent tous à Calcutta et font des allez-retour tous les mois ou 2 mois ou plus. Devant la maison, une cour avec des silos à paille concassée, peut-être pour gagner de la place. Une fontaine sert à se laver, une autre à l'intérieur est pour les femmes.
Cohabitation pas toujours facile entre les grands-mères et les belles-filles, j'ai assisté à une bordée d'injures en hindi pendant 1 heure, à celle qui crierait le plus fort, sous les cris et rires des enfants surexcités. Toi, le blanc (en parlant de moi !) tu vas attendre dans ta chambre que ça se calme. En tout cas, même si les conversations n'étaient pas de rigueur à cause de la langue, le mot "sleeping" suffisait pour expliquer. Mis à part ça, une famille et des voisins adorables, serviables, peut-être un peu trop ... ce qui va expliquer le reste !
Ce que je ne vous ai pas encore dit, c'est qu'en ces jours là, je n'ai pas pu avoir plus de 5 minutes de paix et de solitude ! Ils se relayaient pour me tenir compagnie et il était impensable que je parte seul où que ce soit. On me portait du chaï, à manger, à boire, avec obligation de prendre aussitôt, et ce, dés le réveil le matin à 5h. Autre détail important, bien qu'il y ait eu une chambre prévue, je devais dormir par terre, sur la terrasse, sur une couverture où nous étions 4, 2 adultes et 2 enfants. Ils considéraient qu'il faisait trop chaud dans la chambre ! Entre nous, c'est un peu dur le sol et les moustiques sortent dés que le soleil disparaît. Vie à l'indienne ! Mais j'aurais l'occasion de dormir dans la chambre 3 ou 4 fois. Il y a aussi la toilette. J'ai appris, par force, à me laver comme eux, à la pompe, dans la cour, avec le longhi et le seau pour se rincer. Pour ce qui est des wc, on m'a délicatement fait signe vers le champ de maïs (heureusement mûr), de l'autre côté de la rue. Chose curieuse, j'étais le seul à y aller !
Après la visite de la famille et des voisins, nous avons fait un tour aux abords du village, vers l'étang où on lavait les buffles, dans les champs de riz non cultivés (alors qu'à Calcutta, tout est vert et on ramasse le riz.)où les gamins jouent ... je vous le donne en mille ? Au cricket évidemment !
Puis nous avons loué une voiture pour visiter le sanctuaire de Vaisahli. Le Bihar est la région où Bouddha enseigna au IVe siècle avant JC. A Vaisahli, il donne son dernier enseignement. Au sud de l'état, on trouve Bodhgaya, où il reçut l'illumination. A Vaisahli s'installa une communauté qui définit les règles du nouveau bouddhisme naissant. De là, nous avons pu aller dans le village de Sunil pour le voir.

Petit village aussi (dont j'ignore le nom), nous nous arrêtons pour demander la maison de Sunil. On nous l'indique, son père arrive. Famille bien plus pauvre que ceux chez qui je logeais. De loin je distingue de petits abris en paille. Son père nous conduit jusqu'à chez eux. Nous ne verrons jamais la maison en fait, car nous arrivons, entourés d'une multitude d'enfants, devant une petite case en paille sous laquelle il y a un lit et Sunil dessus, allongé. Plus le temps de visiter ou de regarder autour. On le fait lever et s'asseoir, il me tend la main lentement, les yeux fixes, on me montre un peu en ouvrant légèrement le tissu qu'on lui a mis sur les épaules et sur la tête. On voit les cicatrices qui tirent la peau du cou tout autour. Difficilement soutenable, je trouve Sunil brisé par ce monde inpitoyable de l'Inde. Mon petit Sunil a craqué et sur un coup de tête d'adolescent, suite à une dispute avec son père, il s'est versé de l'essence et y a mis feu. Nous nous retrouvons avec la famille sous le porche communautaire d'une maison plus riche. On m'offre du chaï. La mère de Sunil arrive en pleur. Anil me dit que si je veux, je peux laisser 4000 roupies pour aider Sunil à se soigner. Il faut éviter de donner à son père qui boit et ne travaille pas. Je laisse tout l'argent que j'ai en liquide : 4000 Rs.

Nous repartons bouleversé. De retour au village, je demande à Anil si je peux changer un billet de 100 €uros que j'ai, pour pouvoir payer le train et ce qu'il faut. Anil me le prend et, toute la journée, va essayer de trouver un lieu où changer, on est dimanche. Au retour il me donne l'argent changé (5400 Rs environ, un indien moyen a un salaire de 2000 Rs en gros par mois). Comme toujours, on m'envoie dormir pour un rien. Cette fois-là, j'entends des éclats de voix, dont Anil. Je pense qu'il s'agit d'une dispute entre les belles-filles et que le seul homme de la maison à ce moment là c'est Anil. Il règle donc les différents. On me fait comprendre qu'il faut que je dorme ! Durant ces quelques jours, j'ai appris à ne plus dire "merci" (auquel on me répond systématiquement "welcome") et à obéir sans contester pour se laver, manger, boire, dormir, etc. Puis je vois Ram, le frère d'Anil qui passe sur la terrasse et prend un bâton. Ca chauffe !
Ce ne sera que plusieurs heures plus tard, qu'Anil daignera expliquer un peu. Un gars du village, dénommé Ram Babou, dont ils ont récupéré le portefeuille tombé de sa poche, à voulu agresser Anil pour qu'il me réclame 5000 €uros (pas 5000 roupies ! €uros !) Anil refusant, ils se sont battus, et Ram qui rentrait à la maison, les a trouvés en pleine bagarre. Anil, d'après le récit, était avec un fil électrique autour du cou !
Que ce serait-il passé si j'étais intervenu, si personne n'était arrivé à ce moment là ?
Bref, le lendemain nous sommes allés à Ajipur, à l'hôpital, pour soigner Anil.
Ce n'est pas "la Cité de la Joie", mais l'hôpital vaut une petite description. Je ne connais pas les hôpitaux de Calcutta, mais celui là était bien réservé aux indiens de toute caste.
Petite terrasse, une pièce où un médecin consulte derrière une table, portes ouvertes bien sûr. Un hall où tout le monde attend, assis, debout, malades ou pas très bien, graves ou juste un rhume. Tout le monde est là, dans une pièce de 3m x 6m peut-être, autour de la table où un médecin en blouse remplis des feuilles, consulte et donnes son avis en quelques secondes. Une femme s'avance et explique où elle a mal. Sans se lever, il se tourne un peu, lui tâte le ventre vite fait, lui dit deux mots, lui fait un papier et l'envoie faire la queue chez le médecin à côté, en rentrant. Et ainsi de suite, tout le monde passe en quelques minutes. Pendant ce temps là, des hommes arrivent avec un gars à bout de bras, semble-t-il en mauvais état. Ils le transportent dans la pièce à côté où il y a des lits. Des infirmiers l'installent sur un lit, on lui branche un gouttes à gouttes. Je ne distingue pas bien, mais sur d'autres lits il y a des personnes âgées avec sûrement la fille et la mère qui parlent avec, il y a des personnes seules alitées. Au bout d'une bonne heure (c'est fou comme le temps s'écoule en Inde !!!!)le médecin daigne s'occuper d'Anil qui a mal, après s'être fait passer devant par une bonne dizaine de malades, la plus part sans gravité. Il l'ausculte 30 seconde et lui donne un papier pour le médecin. Nous y allons, et après avoir attendus encore, il le reçoit. Anil se fait enguirlander par le médecin dés qu'il dit qu'il y a eu bagarre. Il lui fait une ordonnance et nous revenons dans la salle commune attendre notre tour encore pour avoir les médicaments. Pendant ce temps, le gars qui était rentré tout à l'heure, ressort porté par des infirmiers. Apparemment il est mort ! On fait des piqûres à Anil et nous repartons à Karhari, après maints détours ...

Un soir, alors que je dormais depuis 2 bonnes heures, Ganti (prononcer Guanti)vient me réveiller. Il faut que je me lève, Ram vient de rentrer et va manger, il veut que je vienne. Je me lève, je m'assoie avec le reste de la famille qui est là aussi et le regarde manger. Ils discutent entre eux. Moi, j'attends. Au bout d'une demi-heure, Ram s'intéresse enfin à moi, me demande si j'ai sommeil. Il est bien minuit et demi, les réveils le matin sont à 5h ! Je lui dis que oui, et sans que ça lui pose de problème, m'envoie me recoucher. Je l'aurais insulté, si j'avais eu quelque vocabulaire en hindi ou même en anglais !
Les jours suivants, ce fut, ce que j'appelle : "n'importe quoi !" Impossible de repartir à Calcutta comme prévu. Plus tard ! Il fallait aller à la police ..., mais nous n'y sommes jamais arrivés ! On partait à 18h pour le poste de police, puis on s'arrêtait pour se cacher, car une ambulance passait. Puis on est passé devant le poste, mais sans s'arrêter, il fallait qu'un ami intervienne, il allait arranger ça. Nous avons fini à 20h sur le quai de la gare, caché derrière un entrepôt, nous mettant accroupis quand un camion, une voiture passait. Ne pas se poser de question, ne pas en poser non plus, inutile. Nous avons finalement repris le chemin de la maison pour rentrer vers minuit.
Et le lendemain, même cirque. Ram m'amène à Ajipur. Pour visiter ? Pas du tout, juste pour pas me laisser seul. Je vais alors passer du matin 10h environ au soir à attendre sans rien faire, sans savoir si l'attente allait durer 1 heure, 2 heures ou plus. Nous sommes rentrés à 20h le soir après une journée assise sur un banc, entouré d'avocats qui parlementaient avec des clients, dehors, puis chez un oncle avocat(ils se trouvent des oncles partout, la famille est large !) qui conseille Ram sur une affaire de sa Tea shop. Passionnant ! Le soir, on ne rentre pas directement, on s'arrête dans une sorte d'hôtel de routiers, en bord de route. Les lits sont disposés sur le parking, certains sont sous l'abri. Sous celui-ci, une petite cuisine pour faire du chaï, faire à manger, une télé passe des DVDs de clips vidéo des chansons du moment. Nous y resterons jusqu'à minuit passé. Et moi, toujours, seul, à attendre que Ram revienne d'on ne sait où. Bientôt, on y va ! Le bientôt fut pas mal d'heures, longues, longues, longues ... Nous avons regagné la maison vers 1 h du matin.
- Et toi, ce jour là, tu as fait quoi ?
- Oh rien, j'ai attendu, et puis après ... j'ai toujours attendu.
C'est ce que j'aurais pu dire, si j'avais eu une personne parlant autre chose que hindi ou anglais.
Le soir, avant de dormir, Ganti ferme ma chambre de l'extérieur, avec un cadenas (la porte est en roseaux). Puis elle réouvre, prend ma pochette où j'ai mon passeport et l'argent, et me la met sous mon oreiller. Elle borde tout autour du lit la moustiquaire (on apprécie d'être bordé !) et referme à double tour le cadenas. La prison se confirme !
Le lendemain, pour finir (car il y a une fin, enfin !), dans ma chambre où je me sens un peu chez moi finalement, je regarde par la fenêtre, à travers les barreaux, et je me dis que je suis une sorte d'otage. Pourquoi ? Ils ne veulent pas que je parte, ils ne veulent pas que j'aille me promener seul, ils me cloîtrent dans cette chambre. Je me sens otage de leur culture, de leur façon de penser, de faire.
Arrivé le 14, nous sommes le 22 !
Il est prévu que nous partions aujourd'hui au train de 13 heures. J'ai finalement analysé la situation et conclu qu'ils faisaient ça pour ma sécurité, ayant peur des représailles, d'une agression de ce Ram Babou. Partir, vite, c'est mon seul désir. Non pas par crainte, mais par lassitude, marre d'attendre et attendre encore. On va partir, j'y crois. Partir, oui, mais pas de suite ! Nous partons à pied vers 10h le matin pour le petit hôtel pour camionneurs en bord de route, que je connais bien maintenant. Nous patientons et mangeons. Ram est bien sûr repartit régler des affaires. En fait, 13h passes, puis 14, 15, 16h et nous ne partons toujours pas. No problem ! On prendra celui de tout à l'heure. NO PROBLEM ! Deux mots qui je crois ne seront plus supportables à l'avenir dans mes oreilles.
Un jeune du village doit partir aussi avec nous, avec Ram, son fils, Anil et moi. La fille de Ram, Gourria, arrive et dit qu'il y a une histoire avec la grand-mère qui se dispute avec les belles-filles. Et voilà Ram qui repars pour de nouvelles affaires à régler. Nous allons attendre encore jusqu'à minuit où il va être décidé que je pars avec le jeune, ce soir. A ce stade là, on peut vous dire qu'on part de suite ou dans 8 jours, on s'en moque éperdument, du moment qu'on n'est pas descendu en gare de Calcutta ! (parce qu'on sait jamais ce qui peut se passer encore dans le train). Après une attente d'une heure encore à la gare, nous partons à 1h du matin pour Calcutta, dans un train bondé à ras bord. Mais on part ! Debout par manque de place pendant une heure au moins, je trouve un petit espace où je peux m'asseoir par terre dans le passage entre les deux wc du wagon, blottis entre deux énormes balôts où je n'ai que la moitié de moi-même comme espace. 16 heures de train de nuit, entre les portes ouvertes du wagon, dans mon mètre carré disponible pour caser mon mètre quatre vingt !

Vous n'imaginez pas ce que cela fait de sortir de la gare d'Howrah, monter dans un bus dans Calcutta et voir défiler la ville par la fenêtre. Calcutta, je ne pensais pas la revoir, ou peut-être dans mes rêves.
Anil, je ne l'ai jamais vu arriver à Calcutta, alors qu'ils devaient prendre le train suivant. Je ne le reverrai qu'en août, alors qu'il me cherchait partout dans Sudder Street. Son état de santé s'est amélioré, mais il m'a dit qu'il avait passé 45 jours à l'hôpital. Exagéré, possible ? Je ne le saurais jamais, de plus j'ai toujours peur de mal comprendre leur anglais, surtout avec mon niveau 1 sur 100. Sunil devrait revenir à Calcutta courant novembre aux dires de Dipack, le fils de Ram. Mais faut-il le croire ?
Le Bihar est réputé comme une région très pauvre de l'Inde, d'où l'arrivée massive à Calcutta. Ce qui explique la dangerosité de cet état pour des touristes qui quittent les sentiers habituels de Bodhgaya ou de Patna.
J'y retournerai sûrement avec Vijay que je connais mieux et depuis plus longtemps et avec qui je peux avoir des explications de ce qu'il se passe, contrairement à Ram ou Anil.
Beaucoup étaient les volontaires qui voulaient un peu savoir le détail de cette "prise d'otage" comme je l'appelle en rigolant. Voilà qui est fait.

Patrick, le 03 septembre 2005


lavage des buffles dans l'étang

 

 

 


le quartier de Karhari où je demeurais.
Puits, vaches, bouses qui sèchent, cases en paille d'entrepot, palmiers et campagne.

 

 

 


la maison de Vijay, Anil, Ram, Deepack, Ganti, ... et les autres

 

 

 


matinée sur la terrasse, devant mon lit ... et celui de 3 autres. En compagnie des enfants.

 

 

 


fête au village en honneur du dieu Ram. Offrandes à Anhuman, le dieu singe très vénéré dans cette région.

 

 

 


De l'autre côté de la rue, avec les enfants des voisins.

 

 

 


La stupa japonaise de Vaisahli.

 

 

 


La stupa du site archéologique de Vaishali. Derrière apparaît un des lions sur une colonne, symbole de l'unité indienne.

 

 

 


vue de ma "prison", le village m'apparaît comme inaccessible, alors qu'il est à mes pieds.

 

 

 


Anil au centre, entouré des cousines et des enfants.

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