LE DISPENSAIRE DE RAMNAGAR
ouvert en avril 2008
Suite à la forte chaleur de ce début de printemps (plus de 40°C et même pointes de 44°C), il devenait ncessaire de trouver un local. Le vendeur de lassis d'à côté me fait le loyer à 500 Roupies par mois, c'est à dire 10 €uros en gros. C'est cher pour ce que c'est, sans électricité. Mais c'est pas mal et ça suffit. Un petit auvent permet de faire attendre les patients à l'extérieur. J'ai fait faire deux panneaux plastifiés indiquant le nom de l'association et qu'il s'agit uniquement de "dressing", c'est à dire de soins et non de médicaments. Mais il faut sans cesse le redire, les indiens ont du mal avec les choses claires et précises !
Aujourd'hui, je voulais amener deux enfants (10 et 7 ans) au dispensaire du Samneghat, de l'autre côté du Gange, où un médecin fait des consultations gratuites le mardi et le vendredi. Pour qu'ils y aillent d'eux même, cela semble impossible. Il n'y a pourtant que le pont flottant à traverser (un petit kilomètre), mais c'est déjà trop loin, même si on dit que c'est urgent et nécessaire. J'avais prévu un auto-rickshaw pour les transporter. Mais le père qui tient une petite boutique de "pans" dans le village n'a pas daigné m'organiser une sortie avec les gamins. Un adulte aurait aidé les enfants à prendre confiance et je me voyait mal tout seul les y amener. Ils ont des infections sur la tête et les jambes que je n'arrive pas à soigner et je pense qu'il n'y a que des antibiotiques qui rêgleraient le problème. Devant le laxisme du père et le refus des enfants, je suis finalement rentré seul, en leur disant que je refusait désormais de les soigner tant qu'ils n'auraient pas vu un médecin. Et le cas n'est pas unique, ils préfèrent garder leurs plaies et leurs maladies que d'aller voir un médecin. La raison ? Aucune, même pas celle de l'argent, seulement qu'il faut se déplacer. Désespérant ! |
Bien
que le local soit opérationnel, surtout pour les soins qui nécessitent
un traitement du corps (genre gâle) ou des parties plus intimes,
assez peu de monde s'arrête. L'expérience de tous les dispensaires
est d'éprouver la résistance dans la durée de celui
qui attend. Les indiens ont du mal a se déplacer, même de
20 mètres. Ils attendent qu'on vienne chez eux ou de passer à
côté (et encore !). J'ai donc repris les soins dans la rue.
D'abord sous l'arbre de Nim à l'entrée du quartier, mais
lorsqu'il a perdu les feuilles j'ai été obligé de
fuir le soleil. Depuis, les feuilles sont revenues, comme si les saisons
passaient en quelques jours !!! J'ai été invité plusieurs
fois à aller plus loin dans le village, voir des femmes ou des
enfants qui ne sortaient pas. Du coup, d'autres gens sont venues s'attrouper
autour de nous. "Viens chez nous !" Il me faudrait sillonner
tout le village pour toucher un maximum de personnes.
Heureusement que les visites dans le village me font rencontrer des gens très gentils. Pêcheurs, femmes qui brodent sur les saris, les petits métiers du village. On m'offre à manger, un lassi de Ramnagar (très connu), un verre d'eau, un chay et des gâteaux. Les jeunes passent me voir, des plus petits 8 ans environ aux grands de 20 ans qui sortent du collège. On vient réclamer un bonbon (que je ne donne pas, seulement en cas de gros bobos qui font pleurer !), rigoler un coup, s'amuser et chahuter, raconter des bétises et me montrer les petites égratignures ... et les "riens du tout" qu'ils cherchent désespérément. Les sadhous me recoivent régulièrement pour manger avec eux ou boire un jus de fruit local. Le plus vieux (80 ans un fois, puis 100 !) réclame du beaume du tigre (une grosse quantité est employé tous les jours entre toutes les mémés et ceux qui ont toujours mal quelque part !!!) pour un massage des bras et des genoux. Il ferait bon vivre à Ramnagar, si ce n'était un certain éloignement de Varanasi. Il y a en gros 6 ou 7 kms depuis les ghats, heureusement que j'ai maintenant la moto pour y aller tous les jours. Fermé le vendredi et dimanche, ils attendent les jours suivants sans trop faire attention : ils viennent quand ils me voient. |