SERVICE DES PAUVRES A BENARES
Dressing gratuit pour la population de Ramnagar.
dressing sous un arbre à Ramnagar

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SERVICE AU FORT DU
MAHARAJA DE VARANASI

Bien différent de Calcutta, Bénarès n'a pas autant de pauvres étalés dans les rues. Il fallait donc chercher un lieu d'action, si possible vierge et non desservi par d'autres associations. C'est de l'autre côté du fleuve, à la sortie sud de la ville, au pieds des murailles du fort du Maharaja, que je me suis pausé.

 

J'étais habitué aux centres de Mère Teresa à Calcutta, à Kalighat (le mouroir), à la gare d'Howrah (nourriture et dressing), à la rue. En arrivant à Bénarès se posait la question d'un nouveau service. Le dispensaire de Chris (Asso "Agir pour Bénarès") ne réclamait pas de nouveaux aides et le travail sur les ghats ne me tentait pas beaucoup puisque déjà, certaines associations y sont présentes. La gare de Varanasi ? Une association y a un point d'accueil pour lépreux, nourriture et premiers soins. Je voulais toucher un lieu vierge, qui est loin de l'activité touristique, là où personne n'a envie d'aller parce que c'est trop loin. Des ghats, je regardais au loin l'imposant fort du Maharaja de Bénarès, de l'autre côté du Gange, à la sortie sud de la ville. Qui voudrait aller jusque là-bas ?
Accompagné de mon ami indien Munna, le rickshawala, je suis allé voir. Une bonne demi-heure de rickshaw à vélo sur une route pleine de trous (le métier de boucher les trous des routes et des rues est toujours à inventer en Inde !!!!). Nous arrivons au bord du fleuve. Pour traverser : un pont flottant, provisoire depuis des années, en attendant la construction laborieuse d'un nouveau pont en dur. Les femmes portent sur leur tête de petits plats métalliques contenant le ciment qu'elles versent dans l'immense trou des piles du pont. Peut-être dans 10 ans, à ce rythme là, le pont sera fonctionnel ! Il est inutile de rester sur le rickshaw pour traverser le pont, à moins de vouloir se démolir le dos et se mettre tous les organes à l'envers ! De grosses traverses en bois, de grosseur inégale, font le tablier du pont et des plaques métalliques font un passage plus ou moins plat. Mais il y a toujours une roue qui est sur le bois ... et c'est terrible. 700m de pont à traverser sur le Gange relativement bas en cette saison chaude.
Munna me sert d'interprète et me permet d'être introduit auprès des gens locaux. Il explique ce que je viens faire là. L'annonce est accueillie avec bonheur et déjà des personnes viennent pour montrer leur bobo. Je cherche un peu un endroit qui serait bien pour s'installer, point fixe où les gens viendront par habitude. Le petit tea-shop où j'ai commencé est pas mal, mais trop en bord de route, aux regards de tous les touristes qui passent. Et puis un tea-shop c'est fait pour prendre un temps de discussion, une sorte de "café" comme chez nous. J'ai déjà repéré de loin un arbre au-dessus de la route. Nous allons voir. De petits bancs en pierre, à l'ombre du grand arbre "pipal", à côté d'un temple hindou. On domine le Gange, le pont flottant. L'endroit me plait. Un sadhou habillé d'orange et peint sur le visage arrive et nous souhaite la bienvenue. Munna explique aussitôt ce que je veux faire. Le côté soins et gratuit lui plaît. Ce sera donc là mon point d'ancrage.
J'y reviens les jours suivant. Après un petit chay d'arrivée et un ou deux dressings des gens qui sont autour et qui vendent des pastèques, je m'installe sous mon arbre où les écureuils gambadent, grimpent ou se battent. Les vaches passent, viennent boire au robinet d'eau derrière nous. Des indiens se reposent ou discutent sur d'autres pierres. 10, 15 mn à attendre, puis les premiers indiens arrivent. Il y aura le défilé pendant 2h environ, sans discontinuité !
Ce sont des enfants qui se font mal aux pieds en marchant pieds nus sur le sable, des pêcheurs qui ont des problèmes de peau ou des plaies, des ouvriers du pont qui se sont fait mal, des vieux qui ont mal aux articulations, des femmes qui ont eu un accident en se cognant ou par un auto-rickshaw qui les a accrochées, des jeunes qui ont des tails aux doigts ou qui ont la main enflée à cause des coups de poing d'une bagarre. Bref, du petit rien au pire. C'est le principe du dispensaire, s'occuper de tout le monde au mieux, sans distinction de richesse ou de pauvreté, être là pour chacun, s'occuper de chacun comme s'il était le plus important.
L'autre jour on m'a demandé d'aller dans le village pour voir une petite fille. Elle avait deux ou trois ans, quelques plaies infectées. Puis la grand-mère qui était là, me dit qu'elle a mal au pied. En même temps elle me montre rapidement sa plante du pied où je vois un trou profond jusqu'à l'os, d'une grosseur d'une pièce d'un euro. Ce trou ne la dérange pas, mais c'est surtout le dessus du pied ! Etrange ! Je ne peux rien contre sa douleur, je lui conseille d'aller voir un médecin rapidement. Je lui nettoie son "trou", qui était propre bizarrement, et lui fait un bandage. Du coup, les voisins veulent aussi que je vienne. Mais avant, la famille veut nous offrir un chay et de l'eau, des biscuits. Nous nous installons à l'intérieur de la pièce sombre sur le lit familial. Pas grand chose dans cette pièce, si ce n'est une petite télé sous sa house plastique bleu, surmontée d'une petite maison en polystyrène : jouet ou objet d'une fête ? Dans l'autre maison on veut m'offrir une boisson fraîche. Plus loin on m'arrête, on m'installe un sac de jute par terre. Je n'ai pas encore dit oui que tout est prêt pour ma "consultation" sous un arbre. Une vieille femme fabrique à côté des boulettes de charbons à partir de vieux morceaux. Elle les roule dans de l'eau et fait une pâte qu'elle fait sécher. On m'amène une petite fille avec des boutons partout sur le visage. Je lui nettoie ceux qui sont infectés, mais je ne peux rien de plus, il faut qu'elle aille voir le médecin ou aller au dispensaire. Cette sortie dans le village était bien sympathique et je touche apparemment une population différente qui ne se déplace pas.
Il serait bien qu'il y ait plusieurs personnes pour 2 ou 3 points itinérants ou fixes pour couvrir le maximum de gens. C'est le but de l'installation à Bénarès, regrouper des volontaires pour rayonner là où les gens sont démunis et qui ne se déplacent pas.


dressing au coin d'une ruelle


accueil de la famille où j'ai soigné le plus petit


dressing sur un petit bébé


attroupement pour voir ce que je fais


dressing directement sous la tente du vendeur de pastèques


sous l'arbre, les bancs du dressing


la vue du lieu de dressing vers le pont flottant


dressing dans l'entrée d'une maison

 

 

 

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