Nouvelles de Calcutta - 06 septembre 2005
Lettre à Servane Havette pour l'association "Namaskar Calcutta"

avec des parents de Vijay dans le quartier d'Howrah City

Description : Petites news de la ville de retour d'un mois en Inde. Pèriode du 23 juillet au 23 août 2005. Descriptions succintes de la rue, de la mousson, de la suppression des rickshaws, du "métier" de mendiant, du logement.

texte en gris déjà cité dans le journal commun, si vous l'avez lu, passez directement au texte en noir.

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Lettre à Servane Havette de l'asso "Namaskar Calcutta", le 06 septembre 2005

Revenu le 23 août, j'ai été couché une semaine mais je pense que ce n'était rien de grave, des examens sont en cours. Comme bien souvent à Calcutta, il y a des ces petits trucs que l'on chope et qui durent un peu plus que chez nous ... mais au résultat rien de grave. Mais on sait jamais ...
Pour les nouvelles de Calcutta, j'ai revu la rue au milieu de la mousson. Rien de terrible, je pensais avoir des trombes d'eau tous les jours, les rues inondées. Finalement, pas plus d'orages ou de pluies que chez nous en France.

Un peu plus violent peut-être pour la pluie, mais rien n'exceptionnel. Il paraît que la mousson cette année n'a pas été trés bonne, c'est à dire qu'il n'a pas plu quand il fallait et comme il fallait. D'ailleurs les inondation s de Bombay montrent combien tout est un peu déstabilisé. Pas mal de chaleur humide (38,7° à 12h30 sur Chowringhee et 31,7° le soir à 19h30) mais on la supportait bien comparé aux chaleurs de nos plaines en été. J'ai surtout fréquenté la rue de Sudder Street où j'étais logé à Salvation Army. Très envahie par les étrangers en vacances, et donc par une population mandiante très "affamée" de backshishs.

L'habitude de passer, certains me connaissent à force, je finissais par leur être indifférent. Les rickshaws se mettent à proposer de la drogue, ce qui montre combien l'argent leur fait défaut. Il parait qu'ils sont 40.000 sur Calcutta, donc environ 150.000 personnes vivant autour de ce travail avec leur famille. La municipalité a décidée de supprimer tous les rickshaws d'ici la fin de l'année !!!!! Ils seont remplacés par des auto-rickshaws à carburant non polluants (le bruit ne semble pas faire partie de leurs critères de nuisances). Des manifestations ont eu lieu et sur le journal on voyait une photo avec les richshawalas brandissant leur grelot. Mais je n'ai pas eu plus de nouvelles. Dans les rues, on trouve pas mal de femmes vivant en "bandes" de 3 ou 4, de tout âge, avec des enfants en bas âge. Elles dorment sur le trottoir, sans rien, sans aménagement de toiles. Une soeur Missionnaire de la Charité me disait qu'elles avaient proposées souvent du travail, mais ces femmes retournent vitent à la mendicité, le touriste leur rapporte beaucoup plus. La mendicité devient -ou demeure sûrement toujours- un métier lucratif qui rapporte. Le seul inconvénient qui ne semble pas leur poser de problème, c'est de jouer les pauvres, de s'habiller en loques, de dormir sur le trottoir. Comment un occidental pourrait-il être indifférent ? Comme cette vieille femme, nue dans la rue, vêtue d'un sac de jute, les seins nues pendants, venant réclamer un peu de nourriture. Une vrai misère se dirait-on, que puis-je faire pour elle ? Rien, surtout pas, elle est plus riche que beaucoup d'employés de boutiques de rue et doit se faire ces 1000 Roupies par semaine, ce qui est énorme, sachant que le salaire moyen d'un employé de boutique est de 1500 à 2000 Roupies par mois. Un vrai enfer pour nos consciences déstabilisées.
Je suis allé deux fois dans les quartiers périphériques voir des familles indiennes venues sur Calcutta pour 1 mois de leur village du Bihar. Les uns à Tollygunjhee au sud, les autres à Howrah City, à 3/4h de bus du centre ville. Petits quartiers très calmes, presque la campagne, petits bouts de maisons de 3m x 4m, avec électricité et fan, pompe à eau dans la ruelle étroite et toilettes, voisins à 1 m devant leur porte, petits labyrinthes de passages entre les appartements de fortune. Petit loyer surtout, 1000 Rs/mois. Idéal pour habiter un certain temps à Calcutta, mais un peu loin du centre-ville, marcher 20 mn environ jusqu'au métro à Tollygunjhee ou bus à travers les quartiers d'Howrah.
La ville même est en transformation, les grands hôtels sont retapés pour redonner l'image coloniale de luxe de l'ancienne capitale des Indes. Anand Nagar (la Cité de la Joie) à Howrah disparait sous des immeubles-tours petit à petit. Comme des champignons, ils poussent au milieu des anciennes maisons sans étages des ouvriers. Les loyers dans le centre-ville sont horriblement chers, même pour un occidental ( c'est tout relatif, bien sûr), les matins sont toujours aussi pleins de gens qui dorment sur les trottoirs par milliers. Je ne connaissais pas encore la pèriode d'été à Calcutta, mais l'affluence de touristes dénature les relations avec les pauvres, l'argent miroite partout et ils sont comme "fous" après quelques roupies. La police fait toujours sa loi impitoyable. Une petite famille que je connais un peu et avec qui je parlais et jouais, me faisait signe que la police les renvoyait de tout lieu où il y a des occidentaux. L'une des femmes est en prison (je n'ai pas su pourquoi), un des hommes c'est fait taper sur le visage d'un coup de lathi parce qu'il ne dégageait pas assez vite.
Un homme, petit et tout maigre (je les comparent toujours à des ados, alors qu'ils doivent avoir 30 ou 40 ans !), me réclamait des médicaments parce qu'il avait de la fièvre. Mais que croire ? Son ordonnance est-elle vrai, en a-t-il vraiment besoin ou est-ce un moyen de récupérer des roupies ? C'est vrai qu'il avait de la fièvre. Que faire ? Ces incapacités à répondre sont terribles et j'aimerai qu'on m'explique un peu le fonctionnement, l'attitude à avoir, la bonne.
J'ai voyagé 15 jours au Rajasthan avec de la famille à moi, et nous avions hôtels et transports déjà réservés. Luxe pour occidentaux, c'est vraiment un autre monde. Le wagon climatisé où on se gèle, les vitres fumées où les petits gamins se collent dessus pour essayer de voir à l'intèrieur. Les hôtels où les prix sont en euros et où je savais que nous donnions des fortunes à des riches ! Alors que dehors nous allions discuter sur 20 Rs.
Dure réalité à gérer, à apprendre à bien gérer !
Dans un des centres où je travaillais, un homme mourrant de 25 ans environ, atteint sûrement de tuberculose, a été emporté par sa famille qui est venue le chercher. Grandes discussions avec les soeurs, mais rien n'y a fait, ils l'on habillé et pris dans les bras. Quelle aura été son avenir, peut-être l'entourage de sa famille est une meilleure chose, les soins n'étant pas forcément suffisants, ici ou ailleurs.
Voilà, certainement des milliers d'autres choses à dire, mais je n'en ai pas le temps. Cela m'a donné envie de faire un site internet où je pourrai donner ces genres d'impressions au fur et à mesure, pouvoir les partager.
Je vais essayer de vous faire une enveloppe avec des petites choses de Calcutta. Je repars le 20 octobre normalement et pour 5 mois, peut-être nous verrons-nous là-bas.

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